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Sur France 2 le 7 février dernier : L’Europe est accusée de piller le stock de thon de l’océan Indien

Photo d'illustration

Ce sont des reporters bien européens qui ont enquêté sur les dérives de la pêche dans l’océan Indien par les thoniers français et espagnols. Cela, sous l’œil condescendant de l’Union européenne d’un côté et, de l’autre, des ministres des pays comme Maurice. Pourtant, dans toutes les rencontres auxquelles on a assisté dernièrement, les diplomates européens et ministres mauriciens n’avaient qu’un terme à la bouche : la pêche durable. C’est loin d’être la réalité.

Pendant ces réunions, les représentants de l’Union européenne et du ministère du Commerce international, en réponse aux questions de Topfm, assurent que les thoniers sont étroitement surveillés et ne peuvent faire de la surpêche.

Cependant, le reportage montre clairement qu’au moins 60% des albacores et autres thons pêchés dans les eaux mauriciennes et seychelloises le sont grâce à l’utilisation d’un DCP, le Dispositif de concentration de poissons.

C’est une sorte d’épave qui est installée aux quatre coins de l’océan. Elle attire les thons qui sont ensuite pris en quantités massives. Même les thons juvéniles, c’est-à-dire ceux pesant moins de 10 kilos et n’ayant pas encore reproduit, sont pêchés. Ils ne se reproduiront donc jamais !

À ce rythme, disent les experts, notre stock de thon aura disparu avant 2045. Que feront alors nos usines de thon qui achètent ce poisson pêché par les Européens dans nos eaux ? Ce n’est pas tout : les autres poissons protégés, tels les requins, espadons et raies, sont aussi pris dans les filets.

Certes, ils sont aussitôt rejetés à l’eau, mais de telle façon qu’ils ne survivent pas. « C’est un vrai gaspillage !Ils n’ont aucun respect pour la nature », soutient un ancien pêcheur français, qui a abandonné ce métier, dégouté.

Ce genre de pêche, loin d’être durable, est pourtant tolérée par l’Union européenne qui, pour le moment, n’y voit rien de mal. Même des fonctionnaires européens, le président de l’Association de producteurs de thon en France, Yvon Riva, et d’autres pêcheurs ont concédé, suite aux questions pressantes de la reporteuse, qu’il s’agit d’un massacre et que ce type de pêche n’est pas durable.

L’ancien patron de la pêche aux Seychelles avoue aussi que les fameux accords de partenariat entre l’Europe et les pays de l’océan Indien ne servent que les intérêts des pêcheurs européens. Mais à Maurice, nos ministres applaudissent ces accords de pêche qu’ils qualifient de durables.

Ailleurs, le problème de cette technique de pêche fait l’objet de débats depuis plusieurs années. Mais à Maurice et aux Seychelles, on n’en parle pas. On entend juste les pêcheurs se plaindre de rentrer bredouilles après une campagne de pêche.

Nos politiciens et techniciens ne veulent pas, pour le moment, commenter cette hécatombe… ni le fait que les prises des navires français sont comptabilisées au nom de Maurice car ils battent pavillon mauricien. Et quant à l’aide que nos pays reçoivent de l’Europe, c’est encore un autre scandale. Un documentaire à voir absolument !

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