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Les Slovaques choisissent leur président ce samedi

Zuzana Caputova, avocate libérale, défenseur de l'environnement et critique virulente du gouvernement actuel, est candidate

Les Slovaques votent samedi au premier tour de l'élection présidentielle. Ce scrutin-test pour le parti populiste au pouvoir a lieu un an après des manifestations contre le gouvernement et une crise politique déclenchées par l'assassinat d'un journaliste d'investigation.

Zuzana Caputova, avocate libérale, défenseur de l'environnement et critique virulente du gouvernement, est la favorite de cette course cruciale avant les législatives de 2020, dans ce pays de 5,4 millions d'habitants, membre de l'UE et de l'Otan. Des sondages placent cette élégante mère divorcée de 45 ans loin devant son principal rival, le commissaire européen à l'Energie, Maros Sefcovic, soutenu par le parti au pouvoir Smer-SD. Ils s'affronteront probablement au second tour, le 30 mars, aucun d'entre eux n'étant en mesure de réunir au premier tour plus de 50% des électeurs inscrits. 

«Luttons contre le mal» 

Cheffe adjointe du parti Slovaquie progressiste, non représenté au Parlement, Mme Caputova estime que «les gens appellent au changement» et son slogan électoral est «luttons contre le mal». Elle-même est descendue dans la rue avec des milliers de manifestants après l'assassinat par balles, en février 2018, du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée.

Le double meurtre et l'enquête explosive de Kuciak sur les liens présumés entre les hommes politiques slovaques et la mafia italienne, publiée à titre posthume, ont plongé le pays dans une crise, suscitant des inquiétudes sur la liberté des médias et la corruption. La vague d'indignation a provoqué la démission du Premier ministre Robert Fico qui reste cependant le chef du parti Smer-SD (populiste de gauche) au pouvoir et proche allié de l'actuel Premier ministre Peter Pellegrini.

Première présidente?

«Caputova est attrayante pour les électeurs qui (...) sont mécontents des élites politiques actuelles, que ce soit au niveau du gouvernement ou de l'opposition», estime l'analyste Juraj Marusiak. Elle est appuyée par le président sortant Andrej Kiska, un millionnaire libéral en désaccord avec le gouvernement, qui ne se représente pas pour des raisons familiales.

«Je pense que la Slovaquie est prête à avoir sa première femme présidente», a déclaré à l'AFP Maria Pavlova, une retraitée de 67 ans de Nove Zamky (sud). Caputova prône le droit à l'avortement libre et promet davantage de droits pour les couples de personnes de même sexe, ce qui pourrait cependant écorner son image dans une Slovaquie conservatrice. M. Sefcovic, 52 ans, bien qu'indépendant, bénéficie du soutien du Smer-SD, ce qui risque de le disqualifier aux yeux de ceux pour qui ce parti n'est plus acceptable. «Je ne voterais pas pour quelqu'un qui soutient Fico ou qui est soutenu par Smer», déclare Maria, une étudiante. 

Treize candidats 

Mais pour Roland Kutis, technicien informatique de 34 ans, «bien qu'il ne soit ni un saint ni un surhomme, c'est le meilleur choix», estime-t-il.

Dans un premier temps, M. Sefkovic a mené la course à la présidence, devant Mme Caputova, peu connue du grand public et propulsée à la tête des sondages seulement après le retrait du scientifique Robert Mistrik qui a soutenu sa candidature.

Treize candidats se présentent à l'élection, dont le juge de la Cour suprême Stefan Harabin, le député d'extrême droite Marian Kotleba ou un vétéran politique représentant la minorité hongroise Bela Bugar.

 

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