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L’ONG Oxfam touchée par un scandale sexuel qui fait tache d’huile au Royaume-Uni

Pour les organisations d’aide au développement britanniques et leurs nombreux donateurs, le coup est rude. Une enquête du quotidien The Times a révélé, vendredi 9 février, que certains collaborateurs d’Oxfam, l’une des plus importantes organisations non gouvernementales (ONG) mondiales de lutte contre la pauvreté, ont eu recours à des prostituées locales, alors qu’ils étaient en mission à Haïti après le tremblement de terre de 2010. Depuis lors, le scandale fait tache d’huile, permettant aux tabloïds et à l’aile droite du Parti conservateur de dénoncer la relative largesse du budget britannique de l’aide au développement.

Lundi 12 février, un porte-parole du gouvernement a fait savoir que la première ministre, Theresa May, ne remettrait pas en cause la promesse de consacrer 0,7 % du revenu national à l’aide internationale. Ce pourcentage a été inscrit dans la loi par la majorité conservatrice. Depuis 2010, il est utilisé pour convaincre les électeurs modérés que les tories « ont un cœur », mais il fait l’objet de critiques récurrentes. Au lendemain des révélations du Times, Jacob Rees-Mogg, le député leader de l’aile droite du parti, a posé, tout sourire, devant le 10 Downing Street, où il était venu porter les 100 000 signatures rassemblées par le quotidien europhobe Daily Express demandant de « stopper la folie de l’aide à l’étranger ».

Le scandale, alimenté par les arrière-pensées politiques, ne fait sans doute que commencer au Royaume-Uni. L’ancienne secrétaire d’Etat au développement, Priti Patel, limogée en novembre 2017 par Theresa May pour avoir caché au Foreign Office ses rencontres avec des officiels israéliens, a mis de l’huile sur le feu, dimanche, en affirmant que 120 travailleurs humanitaires employés non seulement par Oxfam mais par Save the Children, Christian Aid et la Croix-Rouge britannique avaient été signalés par leur employeur pour des abus sexuels pendant la seule année passée. Mme Patel assure que des « prédateurs pédophiles » se sont infiltrés dans le secteur de l’aide au développement et que l’affaire de Haïti ne serait que « la partie visible de l’iceberg ».

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