Réforme Electorale : Non à l’augmentation du nombre de députés et oui à l’élimination du rôle de routine du Parlement

Avec 63 députés, Maurice se classait parmi les pays où il y a trop de députés. Avec la réforme proposée, elle le sera encore plus, soit 1 député pour seulement 15,000 habitants ! La France figurant pourtant dans la moyenne a un représentant pour 72,300 habitants.

Et j’ai compté les députés de l’Assemblée nationale et les sénateurs. Emmanuel Macron a promis même de réduire le nombre de représentants que ce soit des députés ou sénateurs. Ici, c’est le contraire. Presque tous les partis politiques à Maurice sont contents qu’il y ait plus de députés. Seul le PMSD est contre ce nombre trop élevé, car cela aura un coût énorme sur notre budget. Et bien sûr, personne  ne demande que le nombre soit réduit. Avec des salaires de Rs 157,500 par mois, cela  représentera pour l’État une dépense de Rs 169 millions par an rien que pour les députés. Et on ne parle pas des autres bénéfices alloués à nos représentants.

Que fait le député dans notre auguste assemblée ? Justement, pas grand-chose sauf poser des questions. Quand il lui est permis de le faire. Sinon, il vote pour ou il vote contre ou s’abstient pour un projet de loi ou autres motions.  Bien sûr, les questions permettent au public de savoir ce que le gouvernement fait ou ne fait pas. Quand les ministres veulent bien répondre.  Et quand on répond, c’est parfois à côté de la question. Parfois, les réponses viennent en écrit, et ce plusieurs mois après, quand tout le monde a oublié la question et son contexte. Et ce n’est pas la faute aux députés.

La majorité issue d’une élection au scrutin majoritaire fait que le gouvernement est assurée que toutes ses motions soient approuvées. Et celles d’un membre de l’opposition sont rejetées. Cela, disent ceux qui sont pour ce système, permet la stabilité du gouvernement. Mais aussi des abus.  En fait, toutes les décisions sont prises par le Conseil des Ministres sous la présidence du Premier Ministre. Si un projet passe cette étape, il est garanti d’être voté au Parlement. Ce dernier joue donc un rôle de plus en plus de ‘rubber stamp’.

Dans notre histoire parlementaire postindépendance, c’est seulement dans les années 1977-1982 que le parlement a joué bien son rôle grâce au groupe de contestataires menés au sein du parti au pouvoir par Harish Boodhoo. En 1977 et 1978, ce groupe a bloqué les crédits pour l’achat de voitures de luxe pour les hauts fonctionnaires. Gungoosingh menaça même de bloquer le vote du budget supplémentaire pour tous les ministères. Le gouvernement dut se plier aux demandes de ces contestataires qui étaient appuyés par l’opposition MMM. Le parlement fonctionnait alors comme il se doit.

C’est pour cela que ceux qui sont pour cette sorte ‘d’instabilité’ disent préférer un autre système électoral. Le scrutin majoritaire a fait que le parlement s’est endormi depuis des années et il est temps de lui redonner ses lettres de noblesse. Et on constate que les gouvernements surtout depuis 2005 tendent à abuser énormément de leur majorité.

À tel point que le Finance Act par exemple n’est presque pas débattu maintenant alors que dans le passé il était décortiqué point par point, million par million.

Une dose de proportionnelle ne résoudra pas le problème mais apportera une amélioration de la démocratie et de la représentativité.

La représentativité de toutes les sections de la population est nécessaire pour que personne ne se sente exclue. Et avec une opposition forte, le gouvernement pourrait fonctionner avec beaucoup plus de démocratie.

 

Phillippe G.

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